Le maire trompe l’oeil des caméras… plus celui des Cogolinois – bulletin d’information n5


C’est à l’occasion de la présentation de ses vœux que le maire a fait cet aveu ahurissant: les caméras de vidéosurveillance ne marchent pas depuis 4 ans. « Mais cela va s’arranger » a-t-il promis. Ah les promesses de monsieur Lansade! Avec la révocation de deux de ses policiers municipaux, c’est un bien piètre bilan pour celui qui s’était fait élire en agitant l’insécurité et les peurs.

Il faut arrêter cette politique sécuritaire extrêmement coûteuse consistant à augmenter des moyens qui ne sont pas du tout ou mal utilisés.

Il faut une véritable politique de sécurité, c’est à dire des personnels en nombre suffisant, formés et adaptés aux missions et des moyens matériels dont la performance est vérifiée. Rien de cela n’est le cas aujourd’hui.

Pendant ce temps là à Ploërmel

Peut-être n’est-ce pas par hasard si la seconde syllabe de cette charmante bourgade bretonne vous ramène en terre cogolinoise. Ploërmel, 9 000 habitants et son fameux maire Paul Anselin qui doit avoir quelques liens de parenté idéologique avec Marc-Étienne Lansade.

Prenons d’abord l’histoire de la statue de Jean-Paul II. Ploërmel se voit offrir en 2006 une statue en bronze du pape par sa créatrice russe. Paul Anselme décide de l’installer sur le domaine public communal en agrémentant la statue d’un arc et d’une grande croix. Levée de boucliers des défenseurs de la laïcité qui estiment ce monument contraire à la loi de 1905. De jugements en appels, le sujet arrive au conseil d’État qui ordonne qu’on enlève la croix en novembre 2017. Pour ne pas démembrer « l’œuvre », la nouvelle municipalité préfère refiler le monument au diocèse pour qu’il l’installe sur une parcelle de sa propriété où la loi sur la laïcité ne s’applique pas. La nouvelle inauguration a lieu en juin 2018. 12 ans de bataille judiciaire mais la loi finit pas s’imposer.

En 2005, Paul Anselin avait eu une autre idée géniale : installer des caméras de vidéosurveillance dans sa ville de 9 000 habitants. Quelques actes d’incivilité, quelques revendeurs de shit, quelques faits de violence, rien de bien exceptionnel dans ce petit bourg paisible.Des caméras, il en a déjà une bonne vingtaine quand il a voulu en multiplier le nombre par deux. Une initiative qui lui vaudra le prix des Big Brother Awards de l’année 2006. Il n’avait pas eu gain de cause auprès des services de l’État qui avait limité le nombre à 21. L’autorisation, accordée pour 5 ans est renouvelée en 2010 puis en 2015. Mais le nouveau maire de Ploermël, après que Paul Anselme ait été débarqué en 2008, veut maintenant 40 caméras comme son prédécesseur en 2006. Dans un premier temps, le préfet autorise ce programme mais suite à une demande en annulation, le Tribunal Administratif de Nantes, par un arrêt du 16 octobre 2018 invalide l’autorisation au motif que « le dispositif autorisé, qui s’étend sans justification légale à presque tous les principaux lieux de vie de la commune, apparaît disproportionné au regard des nécessités de l’ordre public ».

Ces histoires de signe religieux intempestif sur le domaine public et la multiplication de caméras de vidéosurveillance vous semblent-elles familières ? Sachez qu’à Ploërmel, malgré le temps et les péripéties judiciaires, la municipalité a été obligée de battre en retraite sur les deux sujets.

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