Hommage poétique à Charlie d’Hervé Nedelec

Parce qu’eux

Parce que le soleil bas et lourd pèse comme un couvercle
Parce que sur ce toit tranquille où marchent des colombes
Parce qu’il n’y en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Parce que sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte
Parce que les veines de leur bras sont devenues si bleues
Parce qu’ils n’ont pas connu les chiens noirs du Mexique qui dorment sans rêver
Parce que « Buvons, aimons, c’est la sagesse »
Parce que jamais un coup de dé n’abolira le hasard
Parce que les parfums ne font plus frissonner ses (leurs) narines

Parce que ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore
Parce que rien n’est plus doux que les mains d’une femme dans la farine
Parce qu’il n’y a rien de plus irritant qu’un héroïsme sans objet
Parce que c’est la douleur de ne pas vivre qu’il faut dire
Parce que Même si les lampes s’éteignent, même si l’on me dit : il n’y a plus rien, je resterai pourtant. Il y a toujours à regarder.
Parce qu’un ciel si bas qu’un canard s’est pendu
Parce que sur son sein notre République a mis ce bouquet de muguet
Parce qu’on met longtemps à être jeune

Parce qu’il faut rire avant d’être heureux de peur de mourir avant d’avoir ri
Parce que c’est une lune blessée qui est tombée sur la ville
Parce que… s’il te plait dessine-moi un mouton

Hervé Nedelec
(Avec quelques embruns de la mémoire revenus fouetter le présent : Charles Baudelaire, Paul Valéry, Léo Ferré, Paul Eluard, Jean Ferrat, Boris Vian, Gérard de Nerval, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, René Char, Claude Nougaro, Roland Barthes, Albert Camus, Rainer Maria Rilke, Jacques Brel, Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso, La Bruyère, Federico Garcia Lorca, Antoine de st Exupéry)

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